· Journal du laboratoire · 4 min de lecture
Le début
de quelque chose
Il y a quelque chose d'assez particulier dans le fait de mettre en ligne son propre site lorsqu'on passe une grande partie de son temps à concevoir ceux des autres.
Pendant des semaines, on réfléchit à la manière de présenter une activité, aux mots qui pourraient lui correspondre, à la structure qui permettra de comprendre ce qu'elle propose ; on travaille sur les interfaces, les interactions, les détails que l'on remarque immédiatement et ceux qui ne se révèlent qu'à l'usage.
Puis vient un moment où il faut considérer que l'ensemble est suffisamment abouti pour être partagé.
Aujourd'hui, c'est le cas de FIABLE.
Un laboratoire
qui prend forme
FIABLE. est né d'une envie assez simple : concevoir des produits numériques dans leur ensemble, sans devoir séparer artificiellement la réflexion stratégique, la direction esthétique et le développement technique.
J'ai toujours été attirée par les projets qui demandent de réunir plusieurs disciplines, de comprendre un besoin autant que les moyens d'y répondre et de porter une attention particulière à la manière dont une idée devient quelque chose que l'on peut réellement utiliser.
Mon parcours ne m'a pas conduite directement vers la création d'un laboratoire technologique.
Après une formation en école de commerce et une spécialisation en développement informatique à New York, j'ai consacré dix années à l'industrie musicale, dans des fonctions qui associaient stratégie, accompagnement de projets et création.
C'est en revenant au développement, il y a deux ans, à travers mes propres expérimentations, que j'ai retrouvé le plaisir très particulier de construire un produit, de partir d'une idée encore imprécise et de lui donner progressivement une forme, un fonctionnement et une identité.
Entre-temps, les outils avaient changé.
L'intelligence artificielle occupait désormais une place nouvelle dans le travail de développement, avec la possibilité d'explorer des solutions plus rapidement, de produire certains composants en moins de temps et de rendre accessibles des ambitions qui auraient auparavant demandé des moyens beaucoup plus importants.
J'y ai vu une occasion de réunir mes différentes expériences dans une même pratique.
Peu à peu, cette pratique est devenue FIABLE.
Construire plus vite,
mais surtout
construire mieux
Il serait tentant de résumer la transformation actuelle du développement à une question de vitesse.
Il est vrai que les outils d'intelligence artificielle permettent aujourd'hui d'accomplir certaines tâches dans des délais qui auraient semblé difficiles à imaginer il y a quelques années, mais cette accélération ne fait pas disparaître les questions essentielles.
À quoi doit servir le produit ? Pour qui le construit-on ? Comment ses différentes fonctionnalités vont-elles fonctionner ensemble ? Quelles données devra-t-il traiter ? Que se passera-t-il lorsqu'une opération échouera, lorsqu'un utilisateur fera quelque chose d'inattendu ou lorsqu'il faudra faire évoluer une partie du système ?
Ces questions ne deviennent pas moins importantes parce que le code peut être produit plus rapidement.
Elles le deviennent peut-être davantage.
C'est précisément ce qui m'intéresse dans le développement assisté par intelligence artificielle : la possibilité de consacrer davantage de temps à la conception, aux choix, à la cohérence du résultat et à tout ce qui distingue un produit réellement utilisable d'une démonstration convaincante.
Chez FIABLE., l'IA accompagne le travail, mais elle ne remplace ni la compréhension des systèmes ni la responsabilité des décisions.
Je souhaite construire des produits qui possèdent une identité visuelle affirmée, des interfaces soignées et une expérience agréable, sans jamais considérer que cette qualité de surface pourrait compenser un fonctionnement insuffisant.
Ce que l'utilisateur voit et ce qu'il ne voit pas méritent la même attention.
Des idées
qui deviennent
des produits
Avant même de présenter le laboratoire à des clients, j'avais commencé à développer mes propres projets.
Ils explorent des univers différents, mais répondent tous à une curiosité ou à un besoin que j'avais envie de transformer en réalisation concrète.
LAIYER s'intéresse à la création visuelle assistée par intelligence artificielle et plus particulièrement à la possibilité de retrouver de la souplesse dans la modification d'images générées.
Madame de PompIAdour explore les liens entre intelligence artificielle, information politique et consultation de sources documentaires, avec l'ambition de faciliter l'examen des informations sans se substituer au jugement de ceux qui les consultent.
Radar, enfin, accompagne la découverte des sorties vinyles, dans un univers musical auquel je reste profondément attachée.
Ces trois projets ne se ressemblent pas et c'est aussi ce qui m'intéresse.
Ils permettent d'explorer différentes manières de concevoir, de résoudre des problèmes et de construire des expériences qui possèdent chacune leur propre langage.
Ils constituent également une part importante de la vie du laboratoire : un espace dans lequel expérimenter, apprendre et confronter les idées aux réalités du développement.
Une manière
personnelle
de travailler
FIABLE. commence avec une organisation volontairement indépendante.
Je prends aujourd'hui en charge la conception et le développement des produits, depuis les premières réflexions jusqu'aux décisions techniques et à leur mise en œuvre.
Cette continuité me permet de conserver une vision d'ensemble, de faire dialoguer les différentes dimensions d'un projet et d'assumer personnellement la responsabilité de ce qui est construit.
Elle me permet aussi de développer des méthodes de travail que je souhaite, à terme, pouvoir transmettre.
Car si FIABLE. commence autour de ma propre pratique, mon ambition n'est pas de construire un laboratoire dont le fonctionnement dépendrait éternellement d'une seule personne.
J'aimerais progressivement réunir des femmes curieuses, créatives et techniquement exigeantes, capables d'apprendre, de partager leurs connaissances et d'apporter leurs propres regards aux projets du laboratoire.
Mais cela appartient encore à l'avenir.
Pour le moment, il s'agit de construire, de documenter ce qui fonctionne, de comprendre ce qui mérite d'être amélioré et de donner progressivement à cette ambition des fondations solides.
Pourquoi
un journal ?
Ce site présente le laboratoire, sa méthode, ses convictions et les services qu'il propose.
Le journal aura une autre fonction.
J'aimerais en faire un espace où partager certaines réflexions issues du travail quotidien, les questions qui apparaissent au cours du développement, les outils qui méritent d'être examinés et les expérimentations qui permettent de mieux comprendre les possibilités, mais aussi les limites, des technologies que nous utilisons.
Il ne s'agira pas de commenter chaque nouvelle annonce concernant l'intelligence artificielle, ni de chercher à suivre un rythme de publication pour le simple plaisir de publier.
Certaines notes seront techniques, d'autres plus personnelles ; certaines partiront d'un problème très précis, d'autres d'une réflexion sur la manière dont les outils transforment notre rapport à la création.
Ce journal évoluera avec le laboratoire, au fil des projets et des questions qui mériteront de s'y arrêter.
Il y aura probablement des réussites, des hésitations, des changements de direction et des découvertes inattendues, parce que construire quelque chose implique aussi d'accepter de ne pas tout savoir au moment de commencer.
Aujourd'hui,
FIABLE. est en ligne
Il reste beaucoup à imaginer, à développer et à apprendre.
Mais le laboratoire possède désormais un nom, un site, des produits, une méthode et une direction.
Ce n'est pas l'aboutissement d'un projet parfaitement défini à l'avance, c'est le début d'une activité que je souhaite construire avec exigence, curiosité et indépendance, en donnant autant d'importance à la qualité de ce que nous réalisons qu'à la manière dont nous le réalisons.
Bienvenue chez FIABLE.
La fondatrice de FIABLE.